Maltraitance et maladie d'Alzheimer ou autre démence

Les personnes âgées atteints de démence et notamment de la maladie d'Alzheimer peuvent être sujettes à des mauvais traitements au sein des maisons de retraite et autres institutions.

I. Conséquences de la prise en charge d'un malade Alzheimer.

Fatigue de l'aidant, usure physique.

La famille et plus particulièrement l'aidant principal apporte généralement une aide considérable à la personne qui a la maladie d'Alzheimer ou une autre démence. Or cette aide constante entraîne un état de fatigue très important.

L'aidant principal doit réaliser de nombreuses tâches en vicariance des incapacités de plus en plus importantes de leur proche malade et que les heures cumulées de l'aide, la charge physique des gestes, les nombreux déplacements pour se rendre auprès du malade sont un asservissement au quotidien qui use le psychique et le physique de l'aidant.

Ainsi la maladie d'Alzheimer a véritablement des répercussions sur la santé générale de l'aidant principal.

Dépression.

Les aidants développent alors souvent une symptomatologie dépressive.

Désociabilisation.

S'occuper d'un malade Alzheimer est une source de stress très importante. Les aidants principaux s'occupent jour et nuit de leur proche malade. Leur quotidien se résume à un dévouement extrême, allant jusqu'à l'oubli de soi. Ce temps est pris au détriment des loisirs et de la vie sociale. Petit à petit, les aidants se désocialisent. La maladie devient leur seul contexte de vie.

Agressivité de la part du malade Alzheimer.

A cette fatigue s'ajoute le fait que la relation entre le soignant principal et la personne malade est souvent très tendue. Les aidants affirment même parfois que les malades sont plus agréables et gais avec les autres comme s'ils reportaient toute leur agressivité sur l'aidant, en ne laissant rien de tout cela apparaître au-dehors.

Ambivalence des sentiments.

Les aidants familiaux doivent lutter contre des sentiments contradictoires d'amour et de haine pour la personne âgée, idéalisée dans le souvenir de ce qu'elle a été et dont la présence impose la réalité de la déchéance. Ils sont également tiraillés entre leur désir de bien faire et l'envie d'en finir. De plus avec leur proche malade, les familles peuvent voir en miroir, de manière fantasmatique leur propre vieillissement à venir, image qui est alors on ne peut plus négative.

II. Maltraitance : résultat de ces facteurs.

La fatigue, les tensions avec le malade et l'ambivalence de leurs sentiments peuvent aboutir à des attitudes et comportements maltraitants.

C'est la tolérance qui craque et la maltraitance qui apparaît. Cette intolérance se traduit d'abord par une accumulation de négligences, parfois oublis réels, d'autres avec intention de nuire, parfois avec l'espérance d'une délivrance, d'une mort souhaitée. Puis, certains aidants peuvent glisser ensuite vers des violences physiques envers la personne démente.

III. Solutions pour éviter ce type de maltraitance.

Des temps de répits sont nécessaire aux aidants familiaux.

Il est primordial qu'ils aient du temps pour eux, pour faire des activités seuls ou se reposer, se ressourcer afin d'éviter la maltraitance.

Pour se faire, plusieurs pistes s'offrent à eux :

  • Aide à domicile.

Des aides à domicile peuvent aussi aider au mieux être des aidants en prenant en charge sur certains créneaux le malade à domicile.

  • Accueil de jour.

Les personnes malades Alzheimer passent une demi-journée à une journée, une fois ou plusieurs jours par semaine en accueil de jour. Des activités leur sont proposés (cuisine, atelier mémoire, …).

  • Accueil temporaire.

Dans des institutions gériatriques existent des accueils temporaires. La personne malade est accueillie pour quelques jours, voire quelques semaines.

Il est très important de voir que ces solutions sont bénéfiques à la fois à l'aidant mais aussi au malade Alzheimer car cela lui permet de maintenir une socialisation, de continuer à faire des activités et donc de maintenir ses capacités le plus longtemps possible.