Application de la psychanalyse à l'enfant

La démarche de consultation psychologique va être reprise par les successeurs de Sigmund Freud, Mélanie KLEIN et Anna FREUD mais elles vont proposer un mode d’approche différente (techniques et théoriques).

 

Pour Anna FREUD, le travail de l’association libre n’est possible qu’avec des enfants en fin de latence (4/5 ans) donc cela limite la psychanalyse à l’enfant. Ainsi pour elle, il est donc nécessaire d’avoir des aménagements techniques.

Mélanie KLEIN : elle utilise le jeu avec les enfants est la médiation qui remplacent l’association libre et donc cela permet une psychanalyse avec des enfants, sans limites d’âge pour un travail psychanalytique.

Anna FREUD : le jeu n’est pas un flux associatif. L’enfant n’a pas conscience qu’il rencontre un analyste il n’est donc pas possible de s’appuyer sur la notion de transfert comme avec les adultes.

Mélanie KLEIN : le « setting » (i.e la mise en place) donne un autre sens au jeu. La présence du thérapeute est susceptible de demander une aide de la part de l’enfant. L’analyste oriente le jeu et dans son activité imaginaire. Pour M. Klein, Anna FREUD est trop dans la pédagogie avec les enfants.

Anna FREUD : La place de l’adulte avec l’enfant est toujours pédagogique. Il y a donc toujours une visée éducative car la souffrance relève de difficultés relationnelles et d’adaptation.

Mélanie KLEIN : Ce qui compte se sont les conflits internes chez l’enfant, les fantasmes. Elle introduit la notion de position psychique précoce et relève deux phases : la position schizo-paranoïde et la position dépressive :

A savoir que les bébés sont confrontés aux conflits dès la naissance selon un mécanisme de projection et d’introjection, l’angoisse est de nature percécutive et c’est la raison pour laquelle ce mécanisme de défense est définit comme introjection et projection.

La question du deuil et la possible introjection de l’objet aimé pour lutter contre l’angoisse de la perte d’objet. Il s’agit d’un mécanisme de réparation, d’inhibition et de défenses maniaques. Il y a donc un remaniement de la théorie freudienne.

De plus, pour M. Klein, la question de l’oedipe : il existe un oedipe vers 1 à 2 ans, celui-ci est donc précoce, le moi et le surmoi sont aussi précoces. C’est la forme d’une représentation qui est liée à la scène primitive (objet, représentation inconsciente sur le mode d’un fantasme d’agression mutuelle des deux parents avec abandon de l’enfant dans la scène).

Anna FREUD : Elle refuse la forme précoce de l’oedipe.

Il y a donc eu des polémiques et celles-ci influent aujourd’hui encore.

Cependant, un consensus a été établi en quelques points :

 
  • La psychothérapie psychanalytique n’est pas une approche éducative, rééducative ou pédagogique.

  • Il y a l’idée qu’il faut aménager la situation de rencontre pour favoriser la parole de l’enfant avec des médiations (jeu, dessins).

  • Le « setting » est aménagé en fonction de l’âge de l’enfant.

  • On doit prendre en compte les relations entre l’enfant et sa famille.

  • On considère que certaines crises chez l’enfant sont maturatives. Et que ce sont donc des manifestations psychopathologiques qui sont « normales ».

WINNICOTT, DOLTO et LEBOVICI prennent la suite. Ils parlent de la notion d’interaction dans l’approche de l’enfant qui n’est pas un sujet passif mais qui participe à la relation et à ses enjeux.

Il y a une vie psychique de l’enfant.

Au XIXème siècle, on va d’une psychanalyse adulte vers une psychanalyse pour enfants, entraînant des modifications théoriques et pratiques institutionnelles auprès d’enfants souffrants.