La victimisation en psychologie

La définition du processus de victimisation, chez les femmes comme chez les hommes ne renvoie pas forcément au traumatisme affectant une personne mais plutôt à un processus dans la psychologie d'un individu qui le dédouane de sentiments pouvant être culpabilisants ou d'une quelconque responsabilité, ceci en accusant les autres.

Pour de nombreux psychologues, se victimiser est de manière secondaire un frein à l'épanouissement personnel et aux relations avec autrui.

Se victimiser est-il un comportement narcissique?

En apparence, le comportement d'une personne se victimisant peut apparaître comme irrationnel voire narcissique. Dans la forme c'est sans doute le cas mais cette attitude trouve son sens dans une tentative malheureuse de refouler un sentiment traumatique lié au vécu personnel.

Une personne présentant ce profil analyse souvent les situations de manière bipolaire, estimant que les bonnes choses qui lui arrivent sont méritées, mais en revanche, les mauvaises sont vécues comme injustes. A aucun moment, une personne affichant un profil psychologique de victimisation ne pourra se voir comme ayant une part de responsabilité dans les événements douloureux qui lui arrivent, car cela le ramènerait à des sentiments anciens de culpabilité et de honte.

Quels sont les causes de la victimisation?

Bien souvent, la propension à se victimiser vient de l'environnement familial lors de l'enfance . Des parents défaillants et très critiques peuvent faire apparaître chez l'enfant un sentiment de culpabilité, de honte et de faible estime de soi. Devenu adulte, il est plus facile alors de penser qu'on est une victime lors d'une situation difficile, afin de pas éprouver un quelconque sentiment de honte ou de culpabilité qui pourrait nous rappeler des traumatismes anciens et refoulés.

Quelles conséquences psychologiques?

La présence d'un quelconque sentiment de victimisation dans la psychologie de la personne peut l'empêcher de prendre de bonnes décisions, voire de ne pas en prendre du tout. Constamment prise dans une spirale infernale axée sur le côté injuste de ce qui lui arrive, elle est dans l'incapacité de trouver une solution à son problème. Tout, pour elle est question de faute, de responsabilité, ce qui ne permet pas de résoudre la situation.

Outre cette conséquence sur l'inaction, le fait de se victimiser constamment peut chez certains justifier chez eux des comportement destructeurs tels que par exemple l'alcoolisme ou l'addiction. Bien qu'elles soient alors responsables de leurs actions, elles rejettent la faute sur autrui, rendant très difficile la prise de conscience nécessaire à la résolution de ces problèmes.

Quelle thérapie pour la victimisation?

La prise en charge de personnes dont la psychologie tourne autour du sentiment de victimisation peut se faire de diverses manières bien que généralement on s'accorde sur le fait qu'il faut s'attaquer aux sentiments enfouis de mauvaise estime de soi, honteux et culpabilisants afin d'identifier la raison du problème. Une fois ces sentiments intégrés par la personne se sentant victime, il convient alors pour elle d'avoir une prise de conscience de sa participation à degrés divers dans la responsabilité de ses actions.